Cadre réglementaire

Réglementation des vérifications générales périodiques

La VGP n'est pas une formalité unique et figée : elle repose sur des obligations de l'employeur, une notion de personne compétente et des périodicités qui varient selon l'équipement, son usage et les événements qui l'affectent. Cette page présente la logique d'ensemble, sans se substituer aux textes officiels.

Pourquoi la réglementation existe

Les équipements de travail concernés (levage, engins, EPI, certaines installations) présentent des risques qui évoluent avec l'usure, l'usage et l'environnement. La vérification périodique vise à détecter une dégradation avant qu'elle ne devienne dangereuse.

Le principe général posé par le Code du travail est que l'employeur doit maintenir ses équipements de travail en état de conformité avec les règles de sécurité applicables et s'assurer, par des vérifications adaptées, que cet état perdure dans le temps. Les modalités précises (équipements concernés, nature des contrôles, fréquences) sont fixées par des arrêtés spécifiques à chaque catégorie de matériel, complétés par des recommandations techniques, notamment celles de l'INRS.

Cette page ne recopie pas ces textes et ne cite pas de numéro d'article : elle en explique la logique. Pour une situation précise, il convient de se reporter aux textes en vigueur au moment du contrôle et, si besoin, de solliciter un avis professionnel.

Obligations de l'employeur

  • Identifier les équipements de son parc soumis à vérification et connaître leurs usages réels.
  • Faire réaliser les vérifications par une personne compétente, interne ou externe.
  • Conserver les rapports de vérification et assurer le suivi des réserves émises.
  • Retirer ou immobiliser un équipement présentant un danger grave jusqu'à sa remise en état.
  • Adapter la périodicité en cas d'usage intensif, d'environnement agressif ou d'événement particulier.
  • Tenir à disposition les documents utiles en cas de contrôle par l'inspection du travail.

La notion de personne compétente

La réglementation ne fixe pas un diplôme unique qui suffirait à qualifier une « personne compétente ». Cette compétence s'apprécie au regard de plusieurs éléments cumulés : connaissance technique de la famille d'équipements concernée, expérience pratique de leur examen, capacité à interpréter une notice constructeur, et indépendance suffisante vis-à-vis de l'exploitation quotidienne de l'équipement.

Selon l'organisation retenue, cette personne peut être un salarié de l'entreprise dédié à cette mission, ou un intervenant extérieur, membre d'un organisme ou d'un bureau de contrôle. Dans les deux cas, l'entreprise doit pouvoir justifier de la compétence réelle de la personne mobilisée, pas seulement de sa présence à une formation.

Salarié dédié

Compétence interne

Suppose une formation initiale solide, une pratique régulière sur le parc concerné et une mise à jour périodique des connaissances face aux évolutions techniques.

Prestataire ou bureau de contrôle

Compétence externe

Implique une contractualisation claire, un périmètre défini et une traçabilité des missions confiées, comparable à celle qu'un bureau de contrôle doit lui-même organiser.

Équipements concernés (vue d'ensemble)

La liste ci-dessous situe les grandes familles habituellement soumises à VGP. Elle n'est pas exhaustive et l'assujettissement précis d'un équipement donné doit être vérifié au cas par cas.

Ponts roulants, grues, palans

Levage

Appareils et accessoires de levage, dont l'usure des organes porteurs et le réglage des limiteurs justifient un suivi régulier.

Chantier, manutention

Engins et chariots

Engins de chantier, chariots automoteurs, nacelles élévatrices, exposés à l'usure mécanique et aux conditions de terrain.

EPI, échafaudages, rayonnages…

Autres équipements

Certains équipements de protection individuelle contre les chutes, échafaudages fixes et systèmes de stockage font également l'objet de vérifications périodiques propres.

Pour approfondir une famille précise, consultez formation VGP ou nos formations VGP.

Pourquoi la périodicité n'est pas un chiffre unique

Il n'existe pas de fréquence universelle applicable à « la VGP » en général : la périodicité dépend de la catégorie réglementaire de l'équipement, de son usage déclaré, de son environnement d'exploitation et, souvent, des préconisations du constructeur figurant dans la notice d'instructions. Deux équipements de même nature peuvent ainsi relever d'échéances différentes selon leur mode d'utilisation.

Plusieurs facteurs peuvent également resserrer la fréquence ou déclencher un contrôle hors calendrier :

  • Usage intensif, en plusieurs équipes ou avec un taux d'utilisation élevé.
  • Environnement agressif : humidité, poussières, produits corrosifs, températures extrêmes.
  • Modification, réparation importante ou remplacement d'un organe de sécurité.
  • Incident, accident ou anomalie constatée en exploitation courante.
  • Remise en service après un arrêt prolongé ou un stockage de longue durée.
  • Changement de site, de configuration ou d'affectation de l'équipement.

La périodicité exacte applicable à un équipement donné doit être déterminée à partir des textes en vigueur, de la notice du constructeur et, le cas échéant, de l'avis de la personne compétente en charge du parc. Cette page ne fournit volontairement pas de tableau de fréquences, car un tel tableau, présenté hors contexte, induirait en erreur.

Documents et registre de sécurité

Rapport de vérification
Document daté, identifiant l'équipement, le référentiel appliqué, les points contrôlés, les constats et les éventuelles réserves.
Registre de sécurité
Recueil organisé des rapports successifs et de leur suivi, permettant de retracer l'historique d'un équipement.
Notice d'instructions
Document du constructeur, référence pour les points de contrôle spécifiques et les préconisations d'usage.
Suivi des réserves
Traçabilité des actions correctives engagées après une observation, jusqu'à leur levée effective.

Pour aller plus loin sur le contenu attendu d'un rapport et sur le suivi des réserves, voir rédiger un rapport VGP.

Responsabilités et limites

L'employeur reste responsable de la sécurité de ses équipements, y compris lorsqu'il confie la vérification à un tiers : le choix d'un intervenant compétent, la mise à disposition des documents nécessaires et le traitement effectif des réserves relèvent de sa responsabilité. La personne compétente, de son côté, engage sa responsabilité professionnelle sur la qualité et l'exactitude de son constat, dans la limite du périmètre qui lui a été confié.

Cette page a une vocation pédagogique et informative. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni une interprétation officielle des textes, et ne dispense pas de consulter le Code du travail, les arrêtés applicables et les ressources de l'INRS pour toute décision engageant la sécurité d'un équipement ou d'une entreprise.

Questions fréquentes

Former une personne compétente dans votre structure

Précisez les familles d'équipements de votre parc pour recevoir un programme de formation adapté, proposé par un centre partenaire.